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Naguère inscrit
parmi les sept merveilles du Rouergue, le “Trou de
Bozouls” est un cirque naturel, un canyon en forme
de fer à cheval, creusé dans les calcaires
secondaires du Causse Comtal, et au fond duquel coule, tantôt
impétueux, tantôt calme, un modeste torrent,
le Dourdou.
C’est
avec une surprise, mêlée pour les âmes
sensibles d’un peu d’effroi, que , du
bord de la terrasse, place de la Mairie, le visiteur
découvrira à ses pieds ce site grandiose
et pittoresque, cet immense précipice aux
parois pratiquement verticales, formant un cirque de près
de 400 m de diamètre et près de 100
m de profondeur.
Tout modeste qu’il soit maintenant, c’est le
Dourdou, qui durant des millénaires, a creusé
cette gigantesque tranchée, dont les flancs sont
creusés de fissures et de cavités d’où
s’écoulent en hiver, et par temps de fortes
pluies, des résurgences.La plus célèbre
est, sur la rive droite, la source des Fées. A l’érosion,
très faible de nos jours, s’ajoutent encore
des éboulements de la roche sapée par en-dessous
et minée par de fortes gelées l’hiver
; le canyon continue d’évoluer.
Deux
cascades impressionnantes quand le Dourdou roule
ses eaux boueuses, coupent le torrent, l’une d’elles
tombant dans le Gourg d’Enfer, goufre réputé
insondable, et surplombé par une haute falaise.
C’est du haut de cette falaise qu’il y a un
siècle environ, un mendiant, las de la vie, s’engagea
à reculons jusqu’au bord du précipice,
appelé depuis “le Saut du Mendiant”,
et bascula dans le vide.
Enthousiasmé
par ce site, Henry’s, le champion du monde des
funambules, en a fait le théâtre de ses plus
brillants exploits, d’abord en 1980 puis
tout au long de l’été 1982 et pour la
dernière fois en 1995.
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LA LÉGENDE DU CREUSEMENT
DU TROU DE BOZOULS PAR LE DIABLE :
«
Les villageois de Saint Felix de Lunel, voulaient de la
chaux car leur terre était très pauvre, mais
celle ci se trouvait à Bozouls, qui n’était
qu’à 20 kilomètres ce qui faisait quand
même loin. Aussi ils décidèrent de contacter
le diable, Lucifer, pour qu’il leur amène cette
chaux.
Le diable accepta, mais il leur dit qu’il ne pouvait
travailler que la nuit. En même temps le diable, voulant
se venger du Seigneur et de la Sainte Vierge, décida
de faire écrouler l’église de Bozouls.
Il se mit au travail et commença à creuser.
La Sainte Vierge qui passait par là, lui demanda
ce qu’il faisait. Le diable lui répondit qu’il
creusait et que d’ici à ce que le coq de la
ferme voisine chante l’église de Bozouls serait
par terre.
Il se remit au travail, creusa et porta la chaux au village
de Lunel. Il venait et repartait à nouveau. Mais
il creusait et se rapprochait de l’église.
Le jour ne se levait toujours pas.
Aussi la Sainte Vierge ne voulant pas voir son église
tomber, passa discrètement derrière le diable
et se dirigea dans le poulailler d’une ferme voisine
où elle fit chanter le coq. Le diable qui passait
au dessus de Saint Julien, à l’entrée
de Fijaguet, entendit le chant du coq et crut que le jour
allait se lever, il se fondit en poussière. Et à
cet instant il laissa tomber une poignée de chaux.
Aussi aujourd’hui sur le lieu de Fijaguet, sur le
rougier, quelques champs ont un peu de ce causse »
(extrait du livre « Al Canto »).
Une deuxième version prétend
que le Diable, ne sachant trop que faire des matériaux
ainsi arrachés au Trou de Bozouls, en fit une énorme
« taupinière » qui devint le Puy du Joux
(situé non loin du site).
Une observation des lieux, même sommaire, montre que
la légende ne tient pas car le calcaire arraché
au Trou n’a pu se transformer en basalte sur le Puech
de Joux ( 716 m ) qui est en fait le vestige d’un
ancien volcan.
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